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Améthyste
Messages : 2
Date d'inscription : 23/11/2018
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Lettre d'Améthyste Barbétain

le Jeu 13 Déc - 15:12
Un courrier sera arrivé parmi les nombreuses liasses que l'office de Hurlevent reçoit chaque jour. Celui-ci à la particularité d'être rédigé sur un papier destiné au dessin technique, avec une écriture rapide et épurée au maximum, typique elle aussi des schémas et annotations pratiques : nette, sans liaison, sans style.

Améthyste Barbétain

Office de la Guilde du Fer
Quartier des Nains
Hurlevent

J'ai mis un peu de temps à me décider, mais je me suis dit qu'après tout, ça n'engageait à rien.

Je suis prospectrice depuis des lustres. J'ai commencé à l'ancienne avec mon bélier, ma pioche et ma lanterne, comme le faisait mon papa. Mon cousin tient une mine d'or au Sud de Kalimdor, sa sœur bosse dans la même compagnie que moi : bref, la pioche, c'est de famille. C'est ce que j'aime faire et j'ai le meilleur pif de la famille pour ça.

Au début, je me suis mis à bricoler pour me faciliter la vie dans les régions sauvages : je faisais des extracteurs en bois et en ferraille, je m'amusais à faire des alambics, à récupérer les vieux fusils, à faire mes balles moi-même, ce genre de choses. Et puis c'est devenu une passion, je me suis formée, j'ai acheté de vieux bouquins d'ingénierie, me suis entraîné à retaper des vieilles machines gobelines. Pendant un temps, ça m'a valu une place dans l'Armée comme ingénieur subalterne. Je faisais tout le sale boulot, mais j'aimais ça, me prendre des bouffées de vapeur et d'huile de moteur dans la tronche, m'entailler les doigts sur les engrenages et me cogner la tête sur les carcasses des chars de siège.  Ça m'a beaucoup appris, mais j'ai pas voulu continuer quand on m'a proposé de suivre une formation plus poussée : la pioche me manquait.

Je suis repartie pour les terres sauvages. Toute seule, j'ai balisé pas mal de mines et de filons, et je me suis fait un joli pécule en travaillant avec les gobelins. Et puis une compagnie d'aventurier m'est tombée dessus : les Fièrebarbes, du nom de leur chef. Pendant quelques années, on a bourlingué ensemble, et encore une fois, j'ai beaucoup appris auprès d'un gnome de la compagnie, Zizzle. On s'est aventurés dans les ruines elfiques hantées de Feralas, dans le sacro-saint des Centaures, la caverne du Maraudon, dans la vallée des lances, et on a pas mal chassé le trogg de retour au pays. J'ai même une petite statuette de moi qui prend la poussière à l'auberge de Thelsamar, qu'on m'avait faite pour avoir buté une de ces vermines mastoc, et qu'on m'avait offerte, mais que j'ai oubliée en partant. Bref.

On est retournés en Kalimdor, car les affaires y étaient bonnes, et où on s'est fait une bonne petite bagarre avec la racaille Bat-le-Désert. Ça se passait bien, et on pensait bientôt prendre notre retraite, avec toutes les primes et les richesses qu'on avait amassées depuis tant de temps. Mais pour notre chef, il fallait un dernier coup d'éclat pour assurer le coup : Zul'Farrak. Ça s'est fini en eau de boudin, et tous mes camarades se sont fait bouffer par les trolls, même ce fieffé Fièrebarbe, qui ne l'avait plus si fière, la barbe, après s'être fait décapiter tout net par une de ces saloperies de momies des sables.

J'ai survécu en me planquant comme une pucelle, et j'ai mis quatre jours pour sortir sans me faire repérer. C'était ça ou finir en merde de troll comme les autres. Plus de camarades, plus de pognon et même plus mon chapeau, j'avais plus qu'à retourner piocher pour oublier tout ce merdier. C'est ce que j'ai fait, sauf que je me suis dit que m'engager dans une compagnie assurerait un peu mieux mes arrières.

Comme dit plus haut, je me suis mise à bosser pour la Compagnie de Prospection de Kalimdor, et il faut dire que ça paye bien, mais il faut aussi comprendre qu'ils sont pas centralisés : des comptoirs partout, mais trop petits, mal organisés, bref : avec eux, difficile d'en attendre grand chose à long terme. Je pense que mon temps avec eux est fini.

Et c'est pour ça que je me penche vers la Guilde du Fer. Je sais pas si vous avez besoin d'une prospectrice, mais c'est mon créneau, la pioche, c'est ma vie. Tant que je peux faire ça, je peux aussi faire ce que vous voulez. Je sais fabriquer et réparer tout un tas de trucs, du fusil au mécanotrotteur, de la machine volante à la bécane d'exploration, en passant par les explosifs et les armes gnomes, je m'intéresse vachement à l'ingénierie.  A part ça, je suis pas manchote avec les fusil, surtout les gros calibres nains comme on les aime, de ceux qui calment les Kodos d'un seul pruneau. Sans me vanter, je pourrais raser le cul d'une fourmi à trois cent mètres. Je dirais pas que j'ai peur de rien, mais j'ai vécu des trucs, et je sais réagir sans me carapater comme une poule décapitée au moindre pet de travers.

En somme, il faut qu'on se voie, je crois. Faire partie de la Guilde me botte plus que bien.
Gondagar
Messages : 113
Date d'inscription : 04/12/2017
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Re: Lettre d'Améthyste Barbétain

le Jeu 13 Déc - 16:42

Un coursier de la Guilde du Fer parcourra les rues de la cité de Hurlevent, courant comme si sa propre vie en dépendait, à la recherche d'Améthyste pour lui délivrer en main propre la réponse expresse de l'ordre mercantile.  



Office de la Guilde du Fer
Rue des Mines 3
Quartier des Nains
Hurlevent,

Améthyste Barbétain



Améthyste des Barbétain,

Nous vous remercions de l'intérêt que vous portez pour la Guilde du Fer et vous informons que nous avons lu avec attention votre missive.

En temps normal, lorsqu'un poilu ayant appartenu à d'autres groupes marchands par le passé  souhaite à présent s'affilier à notre ordre mercantile, nous prenons une dizaine de jours pour étudier sa candidature. A l'heure à laquelle où je gratte ce parchemin de ma plume pour écrire ces lignes, une partie du conseil des Dignitaires vous est acquise et l'autre vous traite de vagabonde dont on ne peut se fier. Il n'y a que quelques vieilles barbes - dont la mienne - n'ayant pas d'avis tranché et c'est pour cette raison que nous avons de nombreuses questions à vous poser.

Cependant, le temps est contre nous. En effet, les forges de la Guilde du Fer travaillent toutes les nuits, nos ateliers s'activent comme un ours avant le grand hiver et nos grattes-plumes croulent sous la paperasse afin de pouvoir assurer l'événement à venir; la Foire des Thanes.

Dans ce contexte où chaque minute compte et où chaque denier dépensé est durement réfléchi, nous vous remercions déjà d'avoir pu nous faire économiser un temps précieux en détaillant votre courte vie - mais bien remplie - de jeune poilue sans barbe. L'expérience que vous avez acquise au cours de vos aventures et vos compétences en prospection et plus particulièrement en ingénierie nous intéresse grandement. Nous souhaitons vous rencontrer afin d'éclaircir certains points et ainsi dissiper les doutes au sein de nos caboches.  

Dans l'espoir que notre coursier vous trouvera à temps, nous vous invitons à vous rendre à l'office de la Guilde du Fer en Hurlevent ce soir, avant le vingt-et-unième coup de clocher.

Que votre pioche ne trouve ni pierre qui se brise ni faille dans son fer.



Vénérable Gondagar Mire-Diamant


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